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Histoire et patrimoine

Avec ses vestiges des premiers siècles et ses bâtiments témoins de l'âge d'or industriel, le territoire montatairien dispose d'une grande richesse historique.

Au cours du XIXe et XXe siècles, Montataire a été une ville ouvrière très animée. Elle a ensuite subit de plein fouet la crise industrielle. Les bâtiments abritant autrefois usines et entrepôts témoignent aujourd'hui des valeurs fondatrices ouvrières de Montataire. C’est ainsi que les réhabilitations et constructions de bâtiments publics, comme la Halle Perret ou l’Espace de rencontre, conservent l’esprit industriel, pour la mémoire et l’identité montatairienne.

La richesse du patrimoine local a été soulignée dans le dossier du magazine Vivre de janvier 2020, consultable ici.

LES ORIGINES DU NOM

Le territoire de Montataire, composé par un plateau surmontant la vallée et par la rivière Le Thérain, est à l'origine de son nom. En effet, "Montataire" est un dérivé du latin "Mons ad theram" qui signifie : le mont près du Thérain.  

LES PREMIERS SIECLES

De par sa nécropole mérovingienne et son centre-ville historique du XIIe siècle, le territoire montatairien est un témoin de l’histoire de France. La municipalité, les propriétaires du château et les bénévoles de l’association Mons ad Theram entretiennent ce patrimoine pour assurer sa transmission aux générations futures. 

Les premières habitations

Montataire a été habitée au moins depuis le mésolithique, période moyenne de l’âge de pierre.

Vers 1095, Pierre L’Hermite, aurait séjourné à Montataire, dans une maison troglodyte, peu avant son départ pour la première croisade

Maison de Pierre l’Hermite

Fontaine du jubilé

L'époque gauloise

De l’époque gauloise, une torque d’or a été découverte à Montataire. Elle figure aujourd’hui au cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale.

Ce bijou appartenant à un dignitaire gaulois a été mis à jour par des ouvriers qui travaillaient à la construction de la voie ferrée inaugurée par le Baron de Condé en 1846.

Il apparaîtrait que Jules César ait séjourné avec ses troupes sur le territoire de Montataire.

Une nécropole mérovingienne

Au milieu du XIXe siècle, l'érosion a fait resurgir le lointain passé de Montataire, sous la forme de sarcophages mérovingiens datant du Xe siècle. Ce n'est qu'au début des années 1980, lors de travaux, que des fouilles d'ampleur ont été réalisées, révélant 292 tombes toujours visibles aujourd’hui, derrière la fontaine du jubilé située à l’entrée du petit château dans l’allée des Marronniers.  

La Jacquerie

En mai 1358 a eu lieu la Jacquerie, révolte paysanne qui a duré un mois. Elle a été menée par Guillaume Calle qui a établit son quartier général à Montataire. Ce soulèvement contre la noblesse a gagné près de 15 départements actuels et s'est soldé par la mort de 20 000 paysans.

La jacquerie

LE CHATEAU ET SES PERSONNAGES HISTORIQUES

Le Château de MontataireLe domaine de Montataire a joué un rôle dans l’histoire de France dès son édification au XIIe siècle. Jean de Madaillan, dont la famille a été propriétaire du château durant trois-cents ans, était un fidèle ami et serviteur du roi Henri IV. Il a ainsi reçu au château le Roi de France à diverses reprises. Armand de Madallain Lesparre a quant à lui entretenu une correspondance avec la Marquise de Sévigné, célèbre épistolière française. Il est également connu pour avoir édifié l’hôtel de Lassay, actuelle résidence du Président de l’Assemblée nationale.

Depuis 2012, les propriétaires du château s’attachent à transmettre ces anecdotes aux habitants, durant des visites guidées notamment, afin de leur faire prendre conscience de la place de Montataire dans l’histoire de France. En assurant la rénovation du château qui devrait prendre encore une quinzaine d’années, les propriétaires permettent aux visiteurs de découvrir l’édifice tel qu’il était lors de sa reconstruction par le Baron de Condé au XIXe siècle.

Appel aux bénévoles et aux dons matériels

Les propriétaires du château sont à la recherche de bénévoles ayant des compétences dans la maçonnerie, la menuiserie… afin de participer à la rénovation des bâtiments. Ils lancent également un appel aux dons de meubles anciens pour habiller les salles. Ils proposent, avec l'association Les amis du château, des visites et animations dans leur propriété, afin de la faire découvrir au public.

La collégiale

L'église Notre-Dame de MontataireLes origines de l'église Notre-Dame de Montataire remontent à la même époque que celles du château. De 1225 à 1230, une campagne de travaux a transformé la petite collégiale romane originelle. Le clocher n'a été ajouté qu'au XIIIe siècle. Certains remaniements du XIXe siècle n'ont pas affaibli l'esthétique originelle de l'édifice. Les chapiteaux extrêmement bien conservés replongent les visiteurs immanquablement dans l'univers fantastique médiéval : motifs végétaux, dragons, chimères... Visites sur demande et renseignements : 03 44 64 44 44.


L'INDUSTRIALISATION

Les Forges - Vue des bureauxComme partout en France, le XIXe puis le XXe siècles ont été ceux de l’industrialisation avec notamment des fabriques de boutons, de sabots, de chaussettes, de lunettes, de corsets, de cidre, une papeterie…

En 1792 a été créée l’usine, qui, rachetée par les frères Mertian, est devenue l’usine des Forges puis successivement Usinor, Sollar et aujourd'hui ArcelorMittal, une usine sidérurgique.

Fabrique de bièreA l'époque, de nombreuses industries se sont implantées à Montataire : la Cima-Wallut qui produisait des machines agricoles, Brissonneau et Lotz devenues par la suite Chausson, le plus grand employeur de la région dans les années 1970 avec 4800 ouvriers et une production annuelle de 140 000 voitures.  L’usine Still-Saxby a quant à elle abrité la confection de chariots élévateurs, et les établissements Voirin,  spécialisés dans la fabrication de rotatives, sont devenus Harris-Marinoni puis Heidelberg et enfin Goss.

Les ateliers Voirin

Le développement de ces entreprises et le besoin de main d'œuvre constant ont entraîné un accroissement de la population important, d’où la construction de nouveaux quartiers dans la ville : les Cité Mertian et Louis Blanc vers 1880, puis les cités Jules Uhry, Jules Guesde, Jean Biondi et enfin le quartier des Martinets dans les années 1960.

Les conflits internationaux 

Maurice MignonLors de la seconde Guerre Mondiale, les troupes allemandes ont occupé la ville, les usines, le château, et les jeunesses hitlériennes l’école Frédéric Joliot-Curie. Les habitants de Montataire se sont illustrés, nombreux, dans la Résistance à l’état nazi. Maurice Mignon, « le colonel Théo » dirigeait le détachement Valmy qui a regroupé les résistants des villes de Montataire, Nogent-sur-Oise, Creil et ses environs. Beaucoup ont été  déportés à cause de leur appartenance à des réseaux de résistance, pour sabotage, mais aussi pour raisons politiques.

Pendant la Guerre d’Algérie, les habitants et le conseil municipal ont exprimé, dès 1961, leur opposition au conflit. Ils ont réclamé des négociations pour l’autodétermination et pour le cessez-le-feu qui a été effectif le 12 mars 1962.

Le renouveau des sites industriels

Les sites industriels autrefois très animés avec des milliers d’ouvriers ont laissé place à de nombreuses friches industrielles, suite à la crise économique.

À la grande satisfaction des Montatairiens, ces lieux ont récemment été réinvestis et reprennent progressivement une activité économique comme à leur origine. C'est le cas au Village Economique, anciennement Still-Saxby, et au futur parc d'activité qui se trouvera sur le terrain de l'ancienne usine Goss.

D'autres sites abritent une activité sociale et culturelle : la Halle Perret, dont le bâtiment était autrefois utilisé à des fins industrielles a été réhabilitée en un pôle culturel en 2018 ; l'ancien parking de l'usine Chausson est devenue l'Espace de rencontres, une salle des fêtes municipale.

L'association "Mons ad Theram"

Vous désirez consulter d'anciennes vues de Montataire, connaître son patrimoine industriel, architectural, historique, visitez le site de l'association Mons ad Theram ? Rejoignez ou contactez l'association : 03 44 64 44 44 - cgalvin@mairie-montataire.fr

Ernest Biette : une figure de notre ville

Ernest Biette est une figure populaire et attachante de notre ville. Il est mort en 2005 à l’âge de quatre-vingt-sept ans.
Ouvrier aux usines Brissoneau de Creil-Montataire, c’est très jeune, au moment du Front populaire et de la solidarité avec l’Espagne républicaine, qu’il a rejoint les Jeunesses communistes, puis le Parti communiste.

Très vite, dès le début de l’Occupation, il a participé à des actions de résistance aux nazis, dans le bassin creillois. Arrêté par la police française en octobre 1942, il a été incarcéré successivement à Senlis, Amiens puis à la terrible centrale d’Eysses, et enfin déporté à Dachau en juin 1944, dont il n'a été délivré que le 29 avril 1945.

À la Libération, il a repris sa place dans le combat syndical et politique et a été pendant de nombreuses années membre de la direction départementale du PCF.

Chevalier de la Légion d’honneur pour son action résistante et l’un des principaux responsables des associations de résistants et déportés de l’Oise, il a surtout consacré ses dernières années à témoigner auprès des jeunes, collégiens et lycéens, et même détenus de la prison de Liancourt. Il a participé à toutes les cérémonies patriotiques de la commune où il ne manquait jamais de rappeler dans ses discours, qu'il prononçait sans notes, l'importance du combat pour la paix, dans des messages empreints de combativité, d’humanité et d’espoir : « J’ai connu le pire, mais aussi le meilleur de l’être humain dans les camps ». Cette solidarité et ce combat pour la dignité et contre toutes les injustices ont été au cœur de sa vie et ce jusqu’à son dernier souffle.